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2. Étude du cas EOS

Note au lecteur : cette série d’articles est une traduction dûment autorisée, issue de la meilleure analyse qu’on ait pu lire sur le sujet. Celle-ci a été réalisée par Multicoin Capital. L’article initial fait 30 pages. Nous avons préféré découper ce dernier pour améliorer le confort de lecture. Les parties suivantes sont indiquées à la fin de l’article. Vous pouvez retrouver l’article précédent en cliquant sur ce lien.

D’après l’article suivant, Multicoin Capital ne croit pas que nous verrons une convergence autour d’une seule plateforme de smart contracts, du moins, pas à court et moyen terme. Nous croyons plutôt qu’une poignée de plateformes dominantes émergeront, chacune offrant leur lot de caractéristiques spécifiques et de compromis… Toutes les applications décentralisées n’ont pas les mêmes besoins de débit, de garanties de sécurité, de décentralisation, de langage de programmation, d’expressivité, de confidentialité, de vitesse ou de consensus. Chaque cas d’utilisation a des besoins spécifiques, et les développeurs choisiront de construire sur les plateformes qui soutiennent le plus efficacement leurs objectifs.

EOS adopte une approche unique pour créer une plateforme hautement évolutive pour les contrats intelligents (smartcontracts). EOS privilégie l’évolutivité et l’expérience utilisateur finale plutôt que la résistance maximale à la censure. EOS vise à maintenir la résistance à la censure au point d’offrir une réelle utilité en tant que base de données neutre, mais ne vise pas à être le plus résistant possible à la censure de la même manière que Bitcoin ou Ethereum. L’équipe d’EOS reconnaît que la décentralisation exige des compromis tant sur le plan économique que sur le plan de la performance. Pour la plupart des applications basées sur blockchain, il est beaucoup plus important d’être hébergé sur une base de données distribuée et neutre qui offre un débit élevé et un consensus rapide que de maximiser la décentralisation. EOS reconnaît que pour les DApps à l’échelle mondiale, il est à la fois irréaliste et inutile de faire valider chaque transaction par un vaste réseau d’ordinateurs ordinaires dans le monde entier.

Il y a beaucoup de débats sur la façon de définir la décentralisation et sur la question de savoir si certaines blockchains sont plus ou moins décentralisées. EOS tente d’optimiser vitesse et débit en utilisant autant de décentralisation que nécessaire pour maintenir des niveaux pertinents de transparence, de résistance à la censure et d’absence de point de défaillance unique.

Avec ces objectifs à l’esprit, EOS est en mesure d’adopter une approche de conception très différente de celle des autres plateformes de smartcontracts. Ethereum a beaucoup emprunté à Bitcoin dans sa conception originale, y compris le consensus PoW qui est lent et coûteux. Bien que cela ait pu aider à amorcer le réseau, cela a aussi engendré beaucoup de défis pour Ethereum. En période de pointe, le réseau devient pratiquement inutilisable. Historiquement, une seule DApp comme Cryptokitties a mis fin au réseau Ethereum. Tous ceux qui participent à Ethereum reconnaissent la nécessité d’apporter des changements radicaux à l’architecture du protocole, mais tenter de changer le moteur d’un réseau pesant plusieurs dizaines de milliards de dollars est loin d’être chose facile. Non seulement c’est risqué, mais les changements proposés sont eux-mêmes expérimentaux ; même si la transition vers le Proof Of Stake est réussie, la sécurité et l’évolutivité de Casper PoS et le Sharding peuvent ne pas être suffisants.

Les dirigeants d’Ethereum ont déclaré ouvertement qu’ils tentent de résoudre le problème du trilemme de scalabilité et d’offrir sécurité, évolutivité et des niveaux élevés de décentralisation pour la production de blocs. C’est un problème très difficile à résoudre. En théorie, c’est l’idéal, mais en pratique, ce n’est peut-être pas réaliste. Même si Ethereum parvient à s’étendre bien au-delà de sa capacité actuelle, le marché peut préférer des platesformes encore plus rapides et plus conviviales qui ont pourtant, théoriquement, des niveaux de décentralisation plus faibles.

EOS est conçu à partir de zéro, avec l’objectif d’être évolutif, convivial et rapide. Il utilise la preuve d’enjeu, Graphene, une architecture « message-based », la machine virtuelle d’assemblage Web (WASM), les comptes et les noms d’utilisateur, la récupération des comptes de la couche protocole, et une variété d’autres optimisations qui seront explorées ci-dessous. Parier sur EOS, c’est reconnaître qu’il existe un énorme marché pour les applications décentralisées qui ont simplement besoin d’être hébergées sur une base de données neutre et globale qui offre une résistance à la censure acceptable, mais qui a un débit, une vitesse et une rapidité de consensus élevés. Optimiser la résistance à la censure souveraine et la décentralisation au détriment de la performance a du sens pour certains actifs cryptographiques comme Bitcoin et Monero. Pour une plate-forme mondiale de contrats intelligents destinée à héberger des milliers de DApps en contact avec les utilisateurs, ce n’est pas vraiment le cas.

EOS est susceptible d’être l’une des nombreuses plateformes de smartcontracts qui dominent le marché. EOS est un concurrent d’Ethereum en ce sens qu’elle attirera bon nombre de projets qui choisiraient actuellement de s’appuyer sur Ethereum. Cependant, un scénario dans lequel EOS, Ethereum et une ou deux autres plates-formes coexistent, est aussi envisageable. Les DApps qui ont besoin d’un débit extrêmement élevé, de vitesse et sans frais de transaction (réseaux sociaux décentralisés, plateformes vidéo et audio décentralisées, jeux, réseaux publicitaires comme BAT, etc.) choisiront de s’appuyer sur EOS, tandis que ceux qui exigent des niveaux extrêmement élevés de résistance à la censure (marchés de prédiction, jeux de hasard, etc.) peuvent s’appuyer sur Ethereum ou d’autres protocoles qui tentent de maximiser la résistance à la censure.

L’une des critiques d’EOS est qu’EOS ne s’emparera du marché que pour les applications qui n’ont pas besoin d’être sur une blockchain en premier lieu. Les applications à haut débit et à faible latence qui ne nécessitent pas de niveaux élevés de résistance à la censure devraient être construites sur des base de données et non sur blockchain. Il y a quelques réponses à cela.

La première est qu’EOS pourrait s’avérer très résistant à la censure dans la pratique. Bien que certaines applications à la frontière de la légalité comme les marchés de prédiction ou les jeux d’argent, peuvent sembler mieux adaptées à d’autres plateformes, elles peuvent bien se débrouiller avec EOS. Nous nous attendons à ce que les développeurs d’applications déploient des applications qui testent les limites de la résistance à la censure d’EOS peu après le lancement de la plateforme. Si un producteur de blocs choisit de censurer les transactions, par exemple en excluant les transactions d’un casino EOS parce que les jeux d’argent sont réglementés dans la juridiction du producteur de blocs, ces transactions seraient toujours traitées par le producteur de blocs suivant. Des tentatives répétées de censure pourraient faire voter le producteur du bloc en infraction. Si tel est le cas, EOS peut s’avérer aussi résistant à la censure dans la pratique que d’autres plates-formes comme Ethereum. Avec l’avantage supplémentaire d’un débit élevé et d’une faible latence, EOS pourrait être un choix plus convaincant pour n’importe quel nombre d’applications.

La deuxième réponse est que certaines applications peuvent ne pas nécessiter de décentralisation, mais pourraient quand même en bénéficier grandement. Steem est un excellent exemple. Steemit est un site Web centralisé, propriété d’une entreprise, qui fonctionne sur un back-end décentralisé ; la blockchain Steem. Cela profite à la fois à l’entreprise et aux utilisateurs. En fonctionnant sur la plateforme Steem, Steemit peut bénéficier du pool de récompenses fourni par l’ensemble du protocole. Ils peuvent offrir une proposition attrayante aux utilisateurs – rétribution pour contenu partagé – sans avoir à financer ces paiements eux-mêmes. De plus, leur plateforme est disponible dans le monde entier, sans restrictions.

N’importe qui dans n’importe quel pays peut contribuer au contenu de Steem (via Steemit ou une autre interface) et être payé pour ses contributions. Il n’y a pas de barrières à l’entrée. Les utilisateurs peuvent fournir et consommer du contenu, participer économiquement et acheter et vendre des biens et services dans un environnement numérique sans les obstacles qui les empêchent traditionnellement de le faire. Ces plates-formes pourraient radicalement accroître l’inclusion économique. Pour les utilisateurs, l’avantage supplémentaire est qu’ils peuvent se retirer des services qu’ils n’aiment pas, tout en conservant toutes leurs données d’utilisateur. Si, en tant qu’utilisateur, je ne suis pas d’accord avec les conditions de service ou la direction que Steemit prend, je peux passer à une autre interface Steem comme Busy.org, tout en maintenant toutes mes données, contenus et fonds inscrits sur la blockchain plutôt que sur les serveurs de l’entité centralisée.

Cette architecture impose des limites beaucoup plus fortes à la capacité des services centralisés à posséder des fonds ou des données des utilisateurs, et elle introduit également plus d’options pour les utilisateurs (et donc plus de concurrence pour maintenir l’honnêteté des services centralisés). Enfin, les applications décentralisées peuvent offrir des produits et services à un public mondial sans les barrières imposées par les réglementations, les pare-feu et le besoin de processeurs de paiement centralisés comme PayPal. Ces avantages peuvent être généralisés ce qui signifie que les applications décentralisées seront globalement accessibles, offriront un meilleur contrôle aux utilisateurs, auront moins de barrières à l’entrée, et imposeront moins de contrôle entre entités centralisées, intermédiaires et gardiens. Si elles sont construites sur une plate-forme comme EOS qui leur permet d’avoir une expérience utilisateur similaire à celle des applications centralisées, les applications décentralisées offrent des avantages notables.

La troisième réponse est que les développeurs ont besoin de certaines garanties quant à la nature de la plateforme sur laquelle ils construisent. Un développeur ne veut pas déployer une application Facebook en sachant que toute décision descendante des dirigeants de Facebook pourrait détruire son modèle d’affaires ; les développeurs et les investisseurs considèrent que le propriétaire de la plateforme changeant les règles, comme un risque trop grand (par exemple, les URLs neutres sur les posts Instagram qui ont eu un impact sévère sur certains business basés autour de celles-ci). Avec EOS, le réseau lui-même est une ressource partagée, et la propriété et le droit de regard sur sa direction est proportionnel à l’enjeu. La proposition de valeur d’EOS est qu’il s’agit d’une base de données à haut débit, neutre et globale. Cela donne aux développeurs plus de liberté sur leurs applications et leur donne la garantie qu’ils ne seront pas impactés, dévalués par une plateforme comme Facebook (propriété centralisée).

Article suivant : 3. Mécaniques du protocole EOS

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